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les inondations au Maroc révèlent le coût de la pollution climatique et la responsabilité des pollueurs historiques

Greenpeace Moyen-Orient et Afrique du Nord : les inondations au Maroc révèlent le coût de la pollution climatique et la responsabilité des pollueurs historiques

RABAT, MOROCCO, February 2, 2026 /EINPresswire.com/ -- Greenpeace Moyen-Orient et Afrique du Nord exprime sa profonde inquiétude face aux inondations qui touchent plusieurs régions du Maroc. Depuis le vendredi 31 janvier, le pays traverse une phase critique de la saison des pluies 2026, après que les taux de remplissage de plusieurs grands barrages ont dépassé les 80 %. De Ksar El Kébir, dans la province de Larache, à Sidi Kacem, Belksiri et plusieurs zones du Gharb, ces évolutions ont entraîné un relèvement des niveaux d’alerte ainsi que des évacuations préventives. Plus de 20 000 personnes ont ainsi été déplacées vers des centres d’hébergement et des camps temporaires, malgré les mesures anticipatives et les efforts déployés par les autorités locales pour assurer la sécurité des populations et la protection des vies humaines.

Toutefois, la situation actuelle suscite une vive préoccupation pour Greenpeace Moyen-Orient et Afrique du Nord. Elle constitue un indicateur clair de l’accélération des effets du changement climatique et de la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes, non seulement au Maroc, mais dans l’ensemble de la région. En Tunisie, par exemple, des inondations persistantes et une hausse des déplacements de population sont observées depuis près de deux semaines.

Dans ce contexte, Kenzie Azmi, responsable régionale des campagnes à Greenpeace Moyen-Orient et Afrique du Nord, a déclaré :
« Nos pensées vont aux familles des différentes régions du Maroc, où, en l’espace de quelques années seulement, la préoccupation des populations est passée de la peur chronique de la sécheresse à celle des crues et des inondations. Pendant des années, la question était : allons-nous manquer d’eau ? Aujourd’hui, elle est devenue : l’eau va-t-elle nous emporter ? À chaque montée des eaux, ce sont des maisons, des routes, mais aussi le sentiment de sécurité et de stabilité qui disparaissent. Les familles se retrouvent à compter leurs pertes, pensant souvent qu’il ne s’agit que d’un coup du sort. »

Elle a ajouté : « Cette nouvelle réalité paradoxale — le passage rapide de la sécheresse aux crues — est l’une des manifestations les plus flagrantes du changement climatique que nous vivons. Elle est le résultat prévisible de décennies de pollution climatique et du refus des grands pollueurs historiques d’assumer leurs responsabilités. Ces communautés n’ont joué aucun rôle dans la création de la crise climatique, et pourtant ce sont elles qui en paient le prix. Dans le même temps, les responsables de cette crise continuent de tirer profit de notre souffrance. Le Maroc, à l’instar de nombreux pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, n’a contribué que de manière marginale aux émissions mondiales : sa part ne dépasse pas environ 0,18 % des émissions mondiales cumulées de dioxyde de carbone, pourtant à l’origine de la crise climatique. À l’inverse, les pays du Nord global, dont les États-Unis et le Royaume-Uni, portent la responsabilité de la grande majorité des émissions historiques qui alimentent aujourd’hui les catastrophes climatiques. »

« Malgré cela, le Maroc est contraint de supporter des coûts climatiques considérables. La mise en œuvre de son plan climatique national devrait nécessiter près de 96 milliards de dollars américains au cours de la prochaine décennie pour financer les mesures d’atténuation et d’adaptation. Cette situation illustre le fardeau profondément injuste qui pèse sur les pays ayant le moins contribué à la crise. »

S’agissant des solutions, Kenzi Azmi a souligné que l’instauration d’une taxe supplémentaire sur les entreprises pétrolières et gazières pourrait générer environ 900 milliards de dollars afin de soutenir l’action climatique dans les pays du Sud global. Elle a déclaré :

« Nous appelons le gouvernement marocain à protéger les communautés contre de nouveaux dommages, en particulier face à la possibilité d’une intensification des précipitations dans les prochains jours, et à garantir une indemnisation juste et équitable des personnes affectées. Cela passe également par un renforcement de la voix du Maroc sur la scène internationale afin d’exiger un financement climatique juste et suffisant. Il s’agit d’une demande claire et sans ambiguïté adressée aux pays du Nord global : les financements climatiques doivent reposer sur des droits légitimes, et non sur des promesses ou des initiatives volontaires, ni être présentés comme une forme de charité de la part des pollueurs historiques. Des mécanismes concrets, urgents, applicables et assortis de mécanismes de redevabilité doivent être mis en place. Ils doivent refléter clairement la responsabilité historique des pays les plus responsables de la crise climatique et s’accompagner d’actions immédiates : la sortie rapide du charbon, du pétrole et du gaz, la réduction des émissions à la source, et la fourniture d’un financement climatique juste et suffisant. »

Elle a conclu : « Au-delà de la conférence annuelle sur le climat (COP), d’autres espaces existent pour porter ces revendications, notamment la Convention-cadre des Nations unies pour la coopération fiscale internationale*. Greenpeace est parmi les premières organisations à réclamer la justice climatique, fondée sur un principe simple : ceux qui ont causé la crise doivent en assumer leur juste part de responsabilité. »

Hiam Mardini
Greenpeace MENA
hmardini@greenpeace.org
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